Les oiseaux

Nourrissage hivernal

 

L’intervention humaine par le nourrissage hivernal artificiel, équilibré et varié, est salutaire à l’oiseau, tant à l’individu qu’à l’espèce, tant pour le sédentaire que pour le migrateur. A la joie de venir en aide aux oiseaux, parfois en état de détresse, à cause de l’enneigement prolongé ou d’une longue période de gel, s’ajoute la satisfaction de faire œuvre utile. Il faut prodiguer cette nourriture en quantité raisonnable, sans excès, à des endroits garantissant leur sécurité, en évaluant leur degré de témérité relative et d’une certaine affinité entre espèces différentes. Notre geste de protection égoïste peut-être en soi – équivaut au paiement d’une dette. Et, juste retour des choses, il n’est qu’un « prêté pour un rendu »…
La boisson (eau pure) est tout aussi importante. Tenez compte que chaque espèce a une préférence quant à l’endroit du nourrissage : dans les arbres, dans une mangeoire ou au sol.

Pourquoi nourrir les oiseaux?

Les oiseaux qui visitent nos points de nourrissage, appartiennent à des espèces tant sédentaires que migratrices. Parmi ces dernières, il y a des oiseaux qui ne seront que de passage, tandis que d’autres établiront leur quartier d’hiver chez nous.
Tenons compte des conditions climatiques du moment, ils ont un besoin (relatif) de notre aide.
Si les oiseaux de nos régions ne meurent pas directement de froid, une longue disette les affaiblit, perturbe leur métabolisme corporel (perte de température) et les exposent rapidement aux maladies. Ceci est particulièrement vrai lors de période de gel prolongé et d’enneigement généralisé, et vaut surtout pour les Foulques et les Hérons cendrés p.ex.
Par ailleurs, les journées sont courtes et la recherche d’une nourriture de base est d’autant plus ardue et souvent aléatoire. Les réserves adipeuses s’épuisent plus rapidement suite à une activité accrue et à un besoin accéléré en calories, surtout par grand froid (les nuits sont longues), ou lors de fortes chutes de neige suivies d’un enneigement prolongé. C’est évident ! Ces conditions se sont, d’autre part, aggravées par la disparition d’autres ressources naturelles encore présentes naguère mais qui font défaut à présent suite à une exploitation agricole à haut rendement économique : il n’y a plus de « restes » pour l’oiseau dans nos champs monoculturisés, pulvérisés par des insecticides ou traités aux herbicides.

 

De l'eau !

 

Il est important de s’inquiéter de la façon de mettre à la disposition des oiseaux de quoi s’abreuver. Déposer un récipient peu profond (2 à 3 cm) avec de l’eau claire, sans aucun additif en vue d’empêcher soi-disant l’eau de se congeler. Donc ne jamais mélanger à l’eau fraîche, ni de sucre, ni de glycérine ou autres produits chimiques ! Veiller à tendre un grillage au-dessus de la surface de l’eau, afin d’empêcher les oiseaux de se baigner car ils pourraient « geler » sur place. Changer l’eau trois à quatre fois dans la mesure du possible, toujours à heures fixes (surtout le matin et en fin d’après-midi), les oiseaux ainsi ravitaillés en boisson, s’adapteront à votre horaire. Vous pouvez aussi pillez de la glace, comme pour la neige, ils n’auront aucun problème à picorer ces petits morceaux. Si vous avez dans votre jardin, un vivier ou un étang, ou si vous habitez près d’un plan d’eau, cassez régulièrement la glace, toujours au même endroit : les oiseaux des environs profiteront rapidement et régulièrement de cette aubaine.

Comment les nourrir ?

 Chaque espèce est tributaire d’une nourriture et que toutes ne la recherchent pas nécessairement au sol, certaines étant plus arboricoles que d’autres. Il faut donc nourrir de façon variée en divers endroits, les uns plus éloignés que les autres, suivant le degré de témérité de l’oiseau qui se rapproche de nos habitations. Le Pigeon ramier (de nos campagnes) sera donc nourri à la plus grande distance (de fuite) que la Mésange charbonnière ou le Rougegorge qui ont l’art de nous interroger sur nos intentions jusqu’au seuil de nos portes…
Mettre des graines (sauvages) sous un arbre ou un arbrisseau pour les Pigeons p.ex. est préférable au nourrissage en plein milieu d’une pelouse.
Même si la mangeoire est visitée par de nombreuses espèces, cette méthode n’est pas universelle : n’oubliez pas de prendre des « boules à mésanges », des distributeurs automatiques, des bardes de lard non salé et autres friandises à divers endroits de votre jardin.
Variez les emplacements de nourrissage au sol, ne mélangez pas diverses sortes de nourriture présentées « en tas » (cacahuètes ou arachides moulues avec des graines p.ex.) dans les mangeoire, ne donnez que des produits de qualité et évitez ainsi les moisissures ou la contamination des aliments par déjections, afin d’écarter les épidémies (les Verdiers et les Tourterelles turques sont très sensibles à la consommation d’aliments pollués de la sorte).
Placez votre mangeoire à bonne distance d’une verrière ou de la porte vitrée de votre salon, afin d’éviter les accidents de collision provoqués par l’envol subit des oiseaux à l’approche d’un Epervier.
Par contre, donnez à vos oiseaux toute possibilité de refuge vers des buissons tout proche où ils pourront s’abriter en cas de danger.
Et si vous avez des chats, faites en sorte que les oiseaux puissent toujours être avertis de leur présence : il est inutile de vouloir nourrir les oiseaux si vous avez plusieurs minous « chasseurs »… en liberté à l’extérieur.
Prodiguez la nourriture en petite quantité raisonnable suivant le nombre de vos hôtes : ce n’est pas en nourrissant d’abondance, dès le départ, que vous aurez plus de visiteurs ailés ! Mais distribuez celle-ci à heure fixe et régulièrement de préférence tôt le matin, puis une seconde fois si nécessaire en début d’après-midi afin d’éviter le gaspillage et la contamination.
Si vous avez le temps et si vous posséder (un peu) l’art culinaire, voici une petite recette pour la fabrication d’un mélange idéal à placer dans un « pot-de-fleur-nourrissoir » (cfr. L’homme et l’oiseau n°4 1985-n°4 1986-n°3 1988) :- vous malaxez et chauffez un mélange fait de graisse à frites non usée !, d’huile végétale, d’arachide, d’avoine concassée, de tournesols, de petites graines sauvages et de pâtée pour oiseaux insectivores ;- vous transvasez dans de petits pots-de-fleurs (ou brique de lait), munis d’un bâton-perchoir passé par le trou du récipient et  laissez refroidir le tout avant de pendre dans votre jardin, ce menu « à la carte ».
N’omettez pas non plus de changer les boules de graisse et les graines afin que cela ne moisisse pas. Veillez aussi à la qualité des aliments que vous proposez à « vos » oiseaux. Des graines cultivées avec des pesticides feront davantage de dégâts que si vous ne les nourrissiez pas.

 

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